Arrêter l’Allaitement : Conseils pour un Sevrage Serein
# Arrêter l’Allaitement : Conseils pour un Sevrage Serein
*Temps de lecture : 14 minutes*
**Pour arrêter l’allaitement en douceur, supprimez une tétée par semaine et remplacez-la progressivement par un biberon ou un autre mode d’alimentation.** Ce rythme permet d’éviter l’engorgement et de respecter les besoins émotionnels de votre bébé comme les vôtres. Un sevrage réussi prend généralement 2 à 4 semaines, parfois plus selon votre production lactée et l’âge de votre enfant.
Vous avez décidé d’arrêter d’allaiter. Peut-être pour reprendre le travail, par fatigue, pour des raisons médicales, ou simplement parce que vous sentez que le moment est venu. Quelle que soit la raison, cette décision vous appartient entièrement, et elle est respectable.
Le sevrage est une étape parfois chargée en émotions. Entre la crainte de mal faire, la culpabilité qui peut surgir, et les questions pratiques (comment éviter l’engorgement ? comment bébé va-t-il réagir ?), vous pouvez vous sentir un peu perdue. Rassurez-vous : avec les bonnes informations et un peu de patience, cette transition peut se faire en douceur, pour vous comme pour votre enfant.
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## Sommaire
1. [Pourquoi arrêter l’allaitement ?](#pourquoi-arreter)
2. [Quel est le bon moment pour le sevrage ?](#bon-moment-sevrage)
3. [Les différentes méthodes de sevrage](#methodes-sevrage)
4. [Le sevrage progressif : la méthode recommandée](#sevrage-progressif)
5. [Gérer l’engorgement pendant l’arrêt](#gerer-engorgement)
6. [Les émotions du sevrage](#emotions-sevrage)
7. [Quand consulter un professionnel de santé](#quand-consulter)
8. [La transition vers le biberon ou autre](#transition-biberon)
9. [Questions fréquentes](#faq)
10. [Ce qu’il faut retenir](#resume)
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## Pourquoi arrêter l’allaitement ? {#pourquoi-arreter}
Les raisons d’arrêter l’allaitement sont multiples et toutes valables. Contrairement à ce que certains discours culpabilisants peuvent laisser penser, la décision d’arrêter d’allaiter relève de votre choix personnel et de votre bien-être familial.
### Les raisons les plus fréquentes
**Reprise du travail** : Même si l’allaitement peut se poursuivre avec un tire-lait, certaines mamans préfèrent sevrer à ce moment-là pour simplifier leur organisation.
**Fatigue et épuisement** : Les tétées nocturnes répétées pendant des mois peuvent épuiser. Le sommeil est un besoin fondamental, et votre santé compte aussi.
**Raisons médicales** : Certains traitements médicamenteux sont incompatibles avec l’allaitement. Une maladie chronique peut également rendre l’allaitement difficile.
**Difficultés persistantes** : Douleurs, crevasses à répétition, mastites récidivantes… L’allaitement n’est pas toujours le long fleuve tranquille promis.
**Choix personnel** : Vous sentez que c’est le moment, et cela suffit. Vous n’avez pas à justifier votre décision.
**Grossesse** : Une nouvelle grossesse peut amener à sevrer, bien que l’allaitement puisse techniquement continuer.
| Raison | Fréquence | Commentaire |
|——–|———–|————-|
| Reprise du travail | Très fréquent | Sevrage souvent vers 2-4 mois |
| Fatigue maternelle | Fréquent | Surtout après plusieurs mois |
| Difficultés d’allaitement | Fréquent | Douleurs, mastites répétées |
| Choix personnel | Fréquent | Toujours légitime |
| Raison médicale | Occasionnel | Traitement, maladie |
| Nouvelle grossesse | Occasionnel | Choix variable selon les mamans |
> **✅ Bon à savoir** : Selon les données de l’Assurance Maladie, 74% des mamans allaitent à la maternité, mais seulement 39% continuent à 3 mois et 25% à 6 mois. Le sevrage avant 6 mois est donc très courant en France.
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## Quel est le bon moment pour le sevrage ? {#bon-moment-sevrage}
Il n’existe pas de moment « parfait » pour arrêter l’allaitement. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, puis la poursuite jusqu’à 2 ans avec une alimentation diversifiée. Mais ces recommandations sont des idéaux de santé publique, pas des injonctions individuelles.
### Les facteurs à considérer
**L’âge de votre bébé** : Le sevrage peut techniquement intervenir à tout âge. Avant 6 mois, le lait (maternel ou infantile) reste l’alimentation principale. Après 6 mois, la diversification facilite la transition.
**Votre situation personnelle** : Reprise du travail, santé, projet de grossesse, équilibre familial…
**L’état de votre bébé** : Évitez si possible de sevrer pendant une période de maladie, de poussée dentaire ou de grand changement (déménagement, entrée en crèche).
**Votre état émotionnel** : Si vous vous sentez prête, c’est probablement le bon moment. Si vous hésitez beaucoup, accordez-vous encore un peu de temps de réflexion.
### Le sevrage selon l’âge
| Âge du bébé | Particularités | Alimentation de remplacement |
|————-|—————-|——————————|
| 0-4 mois | Sevrage possible mais progressif | Lait infantile 1er âge |
| 4-6 mois | Période courante de sevrage | Lait infantile 1er âge |
| 6-12 mois | Diversification en cours | Lait infantile 2e âge + solides |
| 12-24 mois | Allaitement = complément | Lait de croissance + alimentation variée |
| > 24 mois | Allaitement = confort/lien | Alimentation familiale normale |
> **💡 Astuce** : Si votre bébé a plus de 6 mois et mange déjà des solides, le sevrage est souvent plus facile car le lait n’est plus sa seule source de nutrition. Il peut même parfois se sevrer presque naturellement.
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## Les différentes méthodes de sevrage {#methodes-sevrage}
Il existe principalement deux approches pour arrêter l’allaitement : le sevrage progressif et le sevrage brutal. La première est très largement recommandée.
### Le sevrage progressif (recommandé)
C’est la méthode la plus douce pour vous et votre bébé. Elle consiste à supprimer les tétées une par une, en laissant plusieurs jours (idéalement une semaine) entre chaque suppression.
**Avantages :**
– Évite l’engorgement et le risque de mastite
– Permet à votre production de lait de diminuer naturellement
– Respecte le besoin de transition de votre bébé
– Réduit le choc émotionnel pour vous deux
**Durée** : 2 à 6 semaines selon le nombre de tétées à supprimer
### Le sevrage brutal (parfois nécessaire)
Dans certains cas (raison médicale urgente, hospitalisation), le sevrage doit être rapide. Cette méthode est plus difficile physiquement et émotionnellement.
**Inconvénients :**
– Risque élevé d’engorgement sévère
– Risque de mastite
– Inconfort important (seins tendus, douloureux)
– Stress pour le bébé
> **⚠️ Attention** : Le sevrage brutal est à éviter sauf nécessité médicale absolue. Si votre médecin vous le prescrit, demandez des conseils pour gérer l’engorgement et un éventuel traitement pour freiner la lactation.
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## Le sevrage progressif : la méthode recommandée {#sevrage-progressif}
Voici la méthode étape par étape pour un sevrage en douceur.
### Étape 1 : Identifier les tétées à supprimer en premier
Commencez par les tétées les moins « importantes » pour votre bébé :
– Les tétées de journée (souvent plus alimentaires que réconfortantes)
– Les tétées où bébé semble le moins intéressé
Gardez pour la fin :
– La tétée du matin (seins pleins, bébé affamé)
– La tétée du soir/du coucher (moment de connexion)
– Les tétées de nuit (s’il y en a encore)
### Étape 2 : Supprimer une tétée par semaine
**Semaine 1** : Supprimez une tétée de milieu de journée. Proposez un biberon à la place (ou une collation si bébé est diversifié).
**Semaine 2** : Supprimez une deuxième tétée de journée.
**Semaine 3** : Supprimez la tétée du matin OU du soir.
**Semaine 4** : Supprimez la dernière tétée restante.
### Étape 3 : Remplacer par quoi ?
| Âge | Remplacement | Quantité approximative |
|—–|————–|————————|
| < 6 mois | Biberon de lait infantile | 150-210 ml selon l'âge |
| 6-12 mois | Biberon + repas solide | 210-240 ml + solides |
| > 12 mois | Gobelet de lait + repas | 250 ml + alimentation variée |
### Calendrier type de sevrage sur 4 semaines
| Semaine | Action | Tétées restantes |
|———|——–|——————|
| Départ | 5 tétées/jour | 5 |
| Semaine 1 | Suppression tétée 14h | 4 |
| Semaine 2 | Suppression tétée 10h | 3 |
| Semaine 3 | Suppression tétée matin | 2 |
| Semaine 4 | Suppression tétée soir | 1 puis 0 |
> **💡 Astuce** : Si vos seins sont tendus après avoir supprimé une tétée, exprimez juste assez de lait pour soulager l’inconfort (quelques minutes, pas un tirage complet). Cela évite l’engorgement tout en envoyant le signal à votre corps de réduire la production.
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## Cas pratique : Le sevrage de Caroline avant sa reprise du travail
Caroline, 31 ans, allaite sa fille Emma depuis 3 mois et demi. Elle reprend le travail dans 3 semaines et souhaite sevrer complètement d’ici là. Emma prend actuellement 6 tétées par jour.
**Situation de départ :**
– 6 tétées : 7h, 10h, 13h, 16h, 19h, 23h
– Emma n’a jamais pris de biberon
– Caroline produit beaucoup de lait
**Stratégie adoptée :**
**Semaine 1 :**
– Jour 1-2 : Introduction du biberon à la tétée de 13h (donnée par le papa)
– Jour 3-7 : Emma accepte le biberon, la tétée de 13h est remplacée
– Caroline ressent une légère tension vers 14h → elle exprime 50ml pour soulager
**Semaine 2 :**
– Suppression de la tétée de 10h (remplacée par un biberon)
– Suppression de la tétée de 16h en fin de semaine
– Les seins s’adaptent progressivement
**Semaine 3 :**
– Suppression de la tétée de 7h (la plus compliquée car seins très pleins au réveil)
– Caroline porte un soutien-gorge confortable et applique du froid le matin
– Suppression de la tétée de 19h (Emma proteste un peu mais accepte le biberon)
**Semaine 4 :**
– Dernière tétée à 23h maintenue quelques jours pour la transition émotionnelle
– Puis supprimée et remplacée par un câlin avec biberon
**Résultat :** Sevrage complet en 4 semaines sans engorgement majeur. Caroline a ressenti de la nostalgie mais pas de baby blues. Emma s’est bien adaptée au biberon.
**Ce qui a aidé :**
– Rythme d’une tétée supprimée tous les 5-7 jours
– Le papa qui donnait les premiers biberons (moins de confusion pour Emma)
– Expression légère pour le confort sans vider les seins
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## Gérer l’engorgement pendant l’arrêt de l’allaitement {#gerer-engorgement}
L’engorgement est la principale difficulté physique du sevrage. Vos seins continuent de produire du lait même si la demande diminue. Il faut quelques jours à votre corps pour s’adapter.
### Symptômes de l’engorgement au sevrage
– Seins tendus, lourds, parfois durs
– Douleur ou inconfort
– Chaleur locale
– Parfois fuite de lait
### Comment soulager l’engorgement
**1. Exprimer un peu de lait (mais pas tout)**
– Exprimez manuellement ou au tire-lait juste assez pour soulager la tension
– Ne videz JAMAIS complètement les seins (cela relancerait la production)
– 2-3 minutes d’expression suffisent généralement
**2. Appliquer du froid**
– Poches de gel froid, compresses froides
– 15-20 minutes plusieurs fois par jour
– Soulage la douleur et réduit l’inflammation
**3. Porter un soutien-gorge adapté**
– Confortable mais pas compressif
– Maintien sans serrer
– Évitez les baleines et les armatures rigides
**4. Prendre un antalgique si nécessaire**
– Le paracétamol est autorisé
– Respectez les doses recommandées
**5. Utiliser les feuilles de chou**
– Feuilles de chou vert réfrigérées
– Appliquer 20 minutes sur les seins
– Efficacité prouvée par des études
> **❌ Erreur fréquente** : Bander les seins ou porter un soutien-gorge très serré. Cette méthode ancienne est inefficace et dangereuse : elle augmente le risque de canal bouché et de mastite.
### Durée de l’engorgement au sevrage
Avec un sevrage progressif, l’engorgement est généralement léger et dure 2-3 jours après chaque tétée supprimée.
Avec un sevrage brutal, l’engorgement peut être intense pendant 3-7 jours, puis diminue progressivement sur 1-2 semaines.
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## Les émotions du sevrage {#emotions-sevrage}
Le sevrage n’est pas qu’une affaire de seins et de lait. C’est aussi une transition émotionnelle importante pour beaucoup de mamans.
### Pourquoi le sevrage peut être émotionnellement difficile
**La chute hormonale** : L’allaitement libère de l’ocytocine (hormone du bien-être) et de la prolactine. L’arrêt brutal de l’allaitement peut provoquer une chute hormonale comparable au baby blues post-accouchement.
**La fin d’un lien particulier** : L’allaitement crée une intimité unique avec votre bébé. Y mettre fin peut donner l’impression de perdre quelque chose de précieux.
**La culpabilité** : Dans une société où l’allaitement est très valorisé, certaines mamans se sentent coupables d’arrêter, surtout si c’est « tôt » selon les recommandations.
### Les émotions normales
– Tristesse, nostalgie
– Soulagement (parfois mêlé de culpabilité d’être soulagée)
– Sentiment de liberté retrouvée
– Ambivalence (content et triste à la fois)
– Fierté d’avoir allaité X temps
> **✅ Bon à savoir** : Se sentir triste ou pleurer au moment du sevrage est parfaitement normal. Ces émotions passent généralement en quelques jours. Si elles persistent au-delà de 2 semaines ou s’accompagnent de symptômes dépressifs (perte d’appétit, troubles du sommeil, idées noires), consultez votre médecin.
### Comment traverser cette étape
– **Parlez-en** : À votre conjoint, une amie, une sage-femme
– **Valorisez ce que vous avez fait** : Chaque jour d’allaitement compte
– **Créez de nouveaux rituels** : Câlins, massages, moments de peau à peau
– **Soyez indulgente** : Vous faites de votre mieux
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## Cas pratique : L’expérience émotionnelle d’Amélie
Amélie, 29 ans, allaite son fils Mathis depuis 14 mois. Elle souhaite arrêter car elle se sent prête, mais redoute la réaction de Mathis qui est très attaché au sein, surtout pour s’endormir.
**La situation :**
– Mathis tète encore 3 fois par jour : matin, sieste, coucher
– Il refuse le biberon depuis toujours
– Amélie allaite depuis 14 mois et ressent le besoin de passer à autre chose
**Le sevrage (sur 5 semaines) :**
**Semaine 1-2 :** Suppression de la tétée du matin
– Remplacement par un câlin avec un gobelet de lait tiède
– Mathis proteste les 2 premiers jours puis accepte
– Amélie est soulagée mais ressent un petit pincement au cœur
**Semaine 3 :** Suppression de la tétée de la sieste
– Le papa prend le relais pour endormir Mathis
– Changement de rituel : histoire puis berceuse
– Plus difficile que prévu, mais Mathis s’adapte en 4 jours
**Semaine 4-5 :** Suppression de la tétée du coucher
– La plus difficile émotionnellement pour Amélie
– Elle pleure le dernier soir d’allaitement
– Mise en place d’un nouveau rituel : bain, massage, histoire, câlin
**Les émotions d’Amélie :**
– Semaine 1 : Soulagement, un peu de culpabilité
– Semaine 2 : Tristesse par vagues, nostalgie
– Semaine 3 : Ambivalence, doutes (« ai-je bien fait ? »)
– Semaine 4 : Acceptation, nouveau lien avec Mathis
– Après : Fierté d’avoir allaité 14 mois, sérénité retrouvée
**Ce qui l’a aidée :**
– En parler avec son conjoint et une amie qui avait vécu la même chose
– Se rappeler que 14 mois d’allaitement est une belle réussite
– Créer de nouveaux moments de connexion avec Mathis (jeux, câlins)
– Accepter ses émotions sans les juger
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## Quand consulter un professionnel de santé {#quand-consulter}
Certaines situations pendant le sevrage nécessitent un avis médical.
### Consultez rapidement si :
**Signes physiques d’alerte :**
– Fièvre supérieure à 38,5°C
– Rougeur localisée sur un sein (mastite possible)
– Douleur intense qui ne cède pas aux antalgiques
– Écoulement anormal (verdâtre, malodorant) par le mamelon
– Boule dure dans le sein qui ne disparaît pas
**Signes psychologiques d’alerte :**
– Tristesse intense persistant plus de 2 semaines
– Idées noires ou pensées négatives envahissantes
– Perte d’appétit ou troubles du sommeil importants
– Difficulté à vous occuper de votre bébé
– Isolement, repli sur vous-même
### Vers qui vous tourner ?
| Professionnel | Pour quoi |
|—————|———–|
| Sage-femme | Soutien au sevrage, conseils pratiques |
| Consultante en lactation IBCLC | Difficultés complexes, techniques de sevrage |
| Médecin généraliste | Symptômes physiques, prescription si nécessaire |
| Gynécologue | Problème mammaire, traitement anti-lactation |
| Psychologue/psychiatre | Difficultés émotionnelles persistantes |
> **⚠️ Attention** : Une mastite pendant le sevrage est possible et nécessite souvent un traitement antibiotique. Ne laissez pas traîner une rougeur avec fièvre.
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## La transition vers le biberon ou autre alimentation {#transition-biberon}
Selon l’âge de votre bébé, la transition alimentaire sera différente.
### Avant 6 mois : passage au biberon
Si votre bébé n’a jamais pris de biberon, la transition peut demander de la patience.
**Conseils pour l’introduction du biberon :**
– Commencez par faire donner le biberon par quelqu’un d’autre (papa, grand-parent)
– Essayez différentes tétines (débit, forme, matière)
– Proposez le biberon quand bébé n’est pas affamé (moins de frustration)
– Ne forcez jamais
– Essayez différentes positions (pas forcément dans vos bras au début)
**Quel lait choisir ?**
– Avant 6 mois : lait infantile 1er âge
– De 6 à 12 mois : lait infantile 2e âge
– Après 12 mois : lait de croissance ou lait de vache entier
### Après 6 mois : diversification et lait
Si votre bébé mange déjà des solides, le sevrage est souvent plus simple. Le lait devient un complément et non plus l’alimentation principale.
**Options :**
– Biberon de lait infantile
– Gobelet ou tasse à bec
– Lait dans les préparations (purées, céréales)
### Après 12 mois : la transition est plus souple
À cet âge, le lait maternel était devenu un complément alimentaire et surtout un moment de réconfort. La transition vers d’autres sources de lait est généralement facile.
> **💡 Astuce** : Si votre bébé de plus de 12 mois refuse le biberon, ce n’est pas grave. Proposez le lait au gobelet ou à la tasse. Certains enfants n’ont tout simplement pas besoin du biberon.
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## Erreurs fréquentes à éviter pendant le sevrage
### ❌ Sevrer trop vite
Supprimer toutes les tétées en quelques jours expose à un engorgement sévère, un risque de mastite et un stress important pour le bébé.
### ❌ Bander les seins ou les comprimer
Cette méthode ancienne est dangereuse. Elle augmente le risque de canal bouché et de mastite.
### ❌ Prendre des médicaments « coupe-lait » sans avis médical
Certains médicaments réduisent la lactation mais ont des effets secondaires importants. Ils ne sont prescrits que dans des situations médicales spécifiques.
### ❌ Culpabiliser
Quelle que soit la durée de votre allaitement, vous avez fait de votre mieux. Le sevrage est une étape normale, pas un échec.
### ❌ Négliger vos émotions
Le sevrage est aussi une transition émotionnelle. Accordez-vous le droit de ressentir de la tristesse, et parlez-en si vous en avez besoin.
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## Questions fréquentes {#faq}
Comment arrêter l’allaitement rapidement ?
Un sevrage rapide (en quelques jours) est fortement déconseillé sauf raison médicale urgente. Il expose à un engorgement sévère et un risque de mastite. Si vous devez sevrer rapidement, exprimez régulièrement un peu de lait pour soulager sans vider les seins, appliquez du froid et consultez votre médecin qui pourra éventuellement prescrire un traitement. Idéalement, prévoyez au minimum 2 semaines pour un sevrage, même accéléré.
Que faire si j’ai un engorgement en arrêtant d’allaiter ?
Exprimez un peu de lait manuellement ou au tire-lait, juste assez pour soulager l’inconfort (2-3 minutes, sans vider le sein). Appliquez du froid entre les expressions. Portez un soutien-gorge confortable mais pas serré. Prenez du paracétamol si nécessaire. Si l’engorgement s’accompagne de fièvre ou de rougeur localisée, consultez rapidement car il peut s’agir d’une mastite.
Les seins restent-ils gonflés après l’arrêt de l’allaitement ?
Après l’arrêt de l’allaitement, vos seins restent gonflés pendant quelques jours à 2 semaines selon l’importance de votre production lactée. Ils reviennent ensuite progressivement à leur taille normale. Certaines femmes notent que leurs seins sont plus petits ou de forme différente qu’avant la grossesse, ce qui est normal et lié aux changements des tissus mammaires.
Est-ce normal d’être triste d’arrêter d’allaiter ?
Oui, c’est très fréquent et parfaitement normal. La tristesse au moment du sevrage s’explique par la chute hormonale (prolactine, ocytocine) et la fin d’un lien intime particulier avec votre bébé. Ces émotions passent généralement en quelques jours. Si la tristesse persiste au-delà de 2 semaines ou s’accompagne de symptômes dépressifs, consultez votre médecin.
Peut-on reprendre l’allaitement après avoir arrêté ?
Oui, la relactation est possible mais elle est difficile et demande beaucoup de motivation. Elle est plus facile si l’arrêt est récent (quelques jours à quelques semaines) et si votre bébé accepte de reprendre le sein. Elle nécessite une stimulation intensive (tétées très fréquentes ou tire-lait toutes les 2-3h) pendant plusieurs semaines. Une consultante en lactation peut vous accompagner dans cette démarche.
Combien de temps dure le sevrage ?
Un sevrage progressif dure généralement 2 à 6 semaines, selon le nombre de tétées à supprimer et votre production de lait. Le rythme idéal est de supprimer une tétée par semaine. Un sevrage plus rapide est possible (1 tétée tous les 3-4 jours) mais augmente le risque d’engorgement. Écoutez votre corps et adaptez le rythme si vos seins sont trop tendus.
Mon bébé refuse le biberon, comment faire ?
C’est fréquent chez les bébés exclusivement allaités. Essayez différentes tétines (forme, débit, matière). Faites donner le biberon par quelqu’un d’autre que vous. Proposez le biberon quand bébé n’est pas affamé. Essayez différentes températures de lait. Si votre bébé a plus de 6 mois, vous pouvez aussi proposer le lait au gobelet ou à la tasse. Soyez patiente : certains bébés mettent plusieurs semaines à accepter le biberon.
Faut-il prendre des médicaments pour arrêter l’allaitement ?
Non, les médicaments ne sont généralement pas nécessaires pour un sevrage classique. Ils sont réservés aux situations médicales spécifiques (sevrage brutal imposé, hyperlactation). Ces médicaments ont des effets secondaires potentiels et doivent être prescrits par un médecin. Un sevrage progressif bien conduit permet à votre corps de réduire naturellement sa production de lait sans médicament.
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## Ce qu’il faut retenir {#resume}
Arrêter l’allaitement est une décision personnelle qui vous appartient. Quelle que soit la raison et la durée de votre allaitement, vous avez fait de votre mieux pour votre bébé.
**Les clés d’un sevrage serein :**
1. **Progressivité** : Supprimez une tétée par semaine pour éviter l’engorgement et respecter les besoins de votre bébé
2. **Gestion de l’engorgement** : Exprimez juste assez de lait pour soulager, appliquez du froid, ne comprimez pas les seins
3. **Attention aux émotions** : Le sevrage peut être une étape émotionnelle importante. Accordez-vous le droit de ressentir de la tristesse et parlez-en si besoin
4. **Consultation si nécessaire** : Fièvre, rougeur localisée, douleur intense, ou tristesse persistante sont des raisons de consulter
Le sevrage n’est pas une fin, mais une transition vers une nouvelle forme de relation avec votre enfant. Les câlins, les jeux, les moments de complicité ne disparaissent pas avec l’allaitement. Votre lien avec votre bébé continue de se construire, différemment mais tout aussi fort.
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## Pour aller plus loin
Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur l’allaitement et ses différentes facettes, consultez notre dossier complet sur l'allaitement maternel (ouvre dans une nouvelle fenêtre). Pour celles qui envisagent une transition progressive, notre article sur l’allaitement mixte peut être une ressource utile. Et si vous avez allaité longtemps, vous vous reconnaîtrez peut-être dans notre article sur l’allaitement long (ouvre dans une nouvelle fenêtre).
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## Sources
– [Haute Autorité de Santé – Recommandations pour l’allaitement maternel](https://www.has-sante.fr/) (consulté en décembre 2024)
– Ameli.fr – Assurance Maladie : L’allaitement maternel (consulté en décembre 2024)
– Organisation Mondiale de la Santé : Recommandations sur l’allaitement maternel exclusif et la durée (consulté en décembre 2024)